[Interview] Blitzr, agrégateur de musique révolutionnaire né à Bordeaux

Logo N et B

Blitzr (prononcer “blitzer”) est un agrégateur de musique soutenu par un moteur de recherche sémantique et un lecteur de crossmédia intelligent.

Son service est gratuit, exempt de publicité et totalement légal. Écoute à l’infini, discographies, biographies, news, événements, etc. Il a été créé en octobre 2013 par deux ingénieurs et un chercheur en sciences sociales de Bordeaux : Bertrand Sébenne (CEO), Yohan Sébenne (CSO) et Pierre Anouilh (CCO).

Equipe Blitzr au complet

L’équipe au complet, au sein de son entité Varius Media Group (B2C, B2B): Johan, Pascal, Bertrand, Xavier et Pierre.

Blitzr dispose des plus grandes bases de données de musique du monde, de nouveaux outils de découverte et de recommandation. Cerise sur le gâteau : le premier service de comparaison de prix intelligent et géolocalisé permettant d’agréger les offres des market-places d’achat de billets de concert, vinyles, CD, mp3, posters, T-shirts, etc.

Vainqueur du Concours national d’aide à la création d’entreprise de technologies innovantes créé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Blitzr est aussi lauréat du San Francisco MusicTech Summit 2014, évènement de convergence “culture-commerce-innovation” qui rassemble chaque année développeurs, investisseurs, journalistes, musiciens, institutions du monde de la musique et accueille les conférences de grosses pointures comme Universal, Sony, Warner, Deezer, Columbia, Google, etc.

Les trois compères de Blitzr seront dans quelques jours à Futur en Seine avec d’autres startups bordelaises  (sic. article  »Start-ups bordelaise présentes à Futur en Seine« ). Malgré les projets en cours du même type par des concurrents portugais, finlandais et californiens, l’équipe garde le cap. Sa force : son immense base de données construite en interne par Bertrand Sébenne, sans intervention de services de données extérieurs.

Quelques chiffres :
  • 40 millions de morceaux de musique
  • 4 millions d’artistes
  • 5 millions d’albums

Capture musiques

Pierre Anouilh, CCO (chief creative officer) de Blitzr, a accepté de répondre à quelques questions :

Comment est né Blitzr ?

Bertrand, Johan et moi faisons partie du groupe de musique Year of no Light. Le projet est né d’une réflexion dans notre van pendant les longues heures de route. On en est tous arrivés à la constatation qu’il n’y avait jamais eu autant de sources d’information sur la musique, mais que les fans n’avaient jamais été autant bridés dans leurs recherches d’infos sur leurs musiciens préférés. Par exemple, pour suivre un peu l’actualité de deux ou trois groupes, il fallait passer par Soundcloud, les blogs, etc. C’était long et on ratait certaines infos. Alors, on s’est dit que ce serait super si on pouvait agréger tous les médias, toutes les informations, tout ça dans une interface unique.

Vous avez recruté deux développeurs ?

Oui, on a engagé à la rentrée 2013 Xavier Godart, musicien du groupe The Great Old Ones, et en janvier 2014 Pascal Fouque, un second développeur qui partage aussi le même ADN que nous.

Comment se positionne Blirtz ?

Tout naturellement sur un marché global. C’est la raison pour laquelle le site est en anglais. On le déclinera par la suite en français, en allemand, en espagnol, etc.

De quelles aides avez-vous bénéficié ?

Il y a eu un tour de financements. La différence, avec les levées de fonds, c’est qu’on n’est pas soumis au régime drastique des investisseurs. Le fait de gagner le Concours national d’aide à la création d’entreprise de technologies innovantes a été le déclencheur. Suite au concours, on a eu une subvention conséquente, et la Région a suivi, puis Aquitaine Amorçage, Bordeaux Unitec, BPI France Aquitaine et EADS Développement. À l’issue du tour, nous avions 412 000 euros.

Comment Deezer ressent-il votre arrivée sur le marché ?

On a rencontré une responsable de Deezer au SF MusicTech Summit, et ça s’est bien passé. Ils ont ouvert leur API et on va s’en servir. Des gens qui ne vont pas encore chez Deezer vont pouvoir éventuellement prendre un abonnement chez eux. On n’est pas dans un positionnement agressif, on est des apporteurs d’affaires. Après, c’est aux fans de choisir s’ils veulent payer ou pas un abonnement…

Avez-vous négocié avec les majors ?

Quand on agrège des médias, on n’héberge rien. On n’est donc pas tenus aux contraintes financières, par exemple, d’un Deezer qui reverse un pourcentage important de son CA aux majors. On renvoie simplement sur le service hébergeur (Youtube, Soundcloud, etc.). Pour les utilisateurs, on réorganise, on ordonne, on hiérarchise, on requalifie tout et on leur en fait profiter. D’ailleurs, on va bientôt agréger Soundcloud et Bandcamp.

Comment Blitzr gagne-t-il de l’argent ?

On apporte du trafic aux market-places (Amazon, Itunes, Ebay, Cdandlp.com, etc.), en redirigeant de manière intelligente l’objet désiré par l’internaute qui va aller l’acheter chez eux. Ils ont intérêt à le faire car ça leur rapporte. On prend une petite commission au passage. Et puis, on va délivrer prochainement notre propre API, on a donc aussi une dimension B to B. Il y a des possibilités infinies à partir des métadonnées d’établir une interopérabilité entre elles. C’est un nouveau business lucratif sur lequel nous travaillons actuellement.

Blitzr gratuit et pas de pubs. Est-ce que ça va durer ?

A priori, ça ne devrait pas changer. Notre but, c’est d’ouvrir la musique à tout le monde. Nous ne voulons pas que les internautes soient interrompus dans leurs recherches par des pubs agressives et en plus les obliger à payer un abonnement.

Blitzr est toujours en version bêta. Des évolutions sont-elles prévues ?

Fin de l’année, début 2015, on a prévu une grosse refonte graphique.

Quid de l’application mobile ?

C’est prévu pour début octobre. En tout cas, avant la fin de l’année.

Et du côté promotion ?

On attaquera la campagne “relations publiques” d’abord en France. On sera en Angleterre début septembre. Dans l’absolu, on devrait ouvrir un bureau aux États-Unis… La prochaine grosse étape, c’est l’amorçage d’une levée de fonds (NDLR : le montant visé par Blitzr serait de 1 million d’euros) avec des investisseurs français qui ont de bons relais et sont bien connus par les investisseurs américains.

Pourquoi le nom “Blitzr” ?

C’est un clin d’œil à la culture populaire des Ramones, au Blitz Club de Londres dans lequel venait s’encanailler David Bowie dans les années 70, au jeu vidéo Blitz et à une action défensive du football américain. En langue scandinave, ça signifie “radar”.

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Sources : 
Slapzine.fr
Direct Matin-Bordeaux7
Photos : © Blitzr
 
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